Quatorze partis et plateformes politiques rejoignent la mobilisation antigouvernementale
« Délivrer ou se désister », le gouvernement Martelly/Lamothe n’a le
choix qu’entre ces deux voies, proclament les signataires d’une
déclaration commune à deux doigts d’appeler au départ du chef de l’Etat
et qui s’associent aux manifestations de rue initiées par les opposants
du Cap-Haïtien avant de se poursuivre dimanche à Port-au-Prince
Quatorze partis et plateformes politiques de l’opposition ont
annoncé vendredi leur participation à toutes les mobilisations destinées
à soutenir les revendications populaires en fustigeant la politique
d’exclusion du régime de Michel Martelly sommé de rectifier le tir pour
éviter le pire.
Dans une déclaration intitulée « Position conjointe #2 », les
différents signataires accusent le chef de l’Etat et le Premier ministre
Laurent Lamothe de pratiquer, au mépris de la dégradation des
conditions d’existence de la grande majorité de la population, une
« politique démagogique, anti-peuple et anti-nationale » inacceptable.
Cette prise de position, qui vient en appui aux protestations
enclenchées au Cap-Haïtien (environ 275 km au nord de la capitale) où
plusieurs milliers de personnes ont réclamé jeudi la démission du
Président Martelly, intervient également à la veille d’une manifestation
convoquée pour dimanche à Port-au-Prince à l’initiative d’organisations
pro-Lavalas, en vue de marquer le 21e anniversaire du coup d’état ayant
renversé, le 30 septembre 1991, le Président Jean-Bertrand Aristide.
Mettant l’accent sur le fait que le gouvernement pataugeait dans la
corruption, le copinage et le népotisme, contrairement aux pompeuses
promesses électorales de changement, les entités politiques concernées
durcissent le ton et affirment que deux options s’imposent aujourd’hui à
l’équipe Martelly/Lamothe, trouver la réponse qu’il faut à la situation
ou se retirer. Parmi les signataires citons le PLB, la KID, la
plateforme Libération, le PNDPH, Lavni et Veye Yo.
Lue par le dirigeant de la Konvansyon inite demokratik (KID), Evans
Paul, la déclaration appelle aussi à l’unité des forces organisées en
vue de mettre fin aux graves souffrances et privations du peuple haïtien
attribuées, en grande partie, à l’irresponsabilité et à l’arrogance du
régime en place.
Pris au dépourvu par l’escalade des prix des produits de première
nécessité et sans politique clairement articulée face à la paupérisation
croissante de la population, le régime de l’ancien chanteur Michel
Martelly dit “Sweet Micky” est confronté à une situation de crise
potentiellement explosive sur le plan social, mais aussi politique et
institutionnel.
En voyage aux Etats-Unis après sa participation à la 67e assemblée
généralee de l’ONU, le dirigeant haïtien ne devrait pas regagner
Port-au-Prince avant la semaine prochaine. spp/Radio Kiskeya
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